Haute-Combe, six hectares d’un domaine agricole acheté par la mairie pour produire plus de 80% des besoins en légumes frais et bio de la restauration collective.

Le vieux et beau domaine agricole Haute-Combe, situé à quelques pas du centre-ville, est devenu municipal en 2010. La mairie, dans le cadre de sa politique de préservation du foncier, a acquis la propriété par préemption, afin d’échapper à un projet classique de lotissements privés. Le corps de ferme, aujourd’hui siège de la MEAD, permettait jusqu’à présent de loger sur place l’agriculteur communal, Sébastien Jourde. Lui-même ancien exploitant, il veille au bon déroulement des cultures sur une surface utile de six hectares, convertie intégralement à l’agriculture biologique et contrôlée par Ecocert dès la première année. Une petite partie des terres est occupée par des serres (tunnels froids). Les cultures ont démarré à titre expérimental dès 2010. Le temps de la mise en place et de quelques tâtonnements, la régie produit désormais chaque année près de 25 tonnes de végétaux par an, soit pas moins de 85% des besoins en légumes frais, bruts et bio des cuisines des trois groupes scolaires.

Cette démarche de création d’une exploitation par la collectivité, très originale, s’est faite au départ moins par choix militant que par pragmatisme. En se heurtant au défaut de fournisseurs lors des premiers appels d’offres sur ses besoins en bio, la ville constatait à regret que le déclin progressif des fermes est une réalité, surtout dans cette région des Alpes-Maritimes où seules quelques exploitations de plantes à parfum et aromatiques subsistent dans le Pays de Grasse. Il existe également de petites exploitations bio, mais largement sous-dimensionnées ou peu intéressées par le débouché de la restauration collective à la logique de laquelle elles ne sont pas forcément préparées. Pour parvenir à l’objectif de gouvernance alimentaire, la ville a donc créé, la première en France, cette régie municipale. Le concept : production, récolte, transformation, et livraison aux cuisines.
La MEAD a pour mission d’élargir l’action, en proposant des terres et un soutien à l’installation des candidats à l’agriculture, notamment en vue de multiplier les sources d’approvisionnement et de créer de nouveaux débouchés locaux.

La magnifique allée des oliviers dont la plupart ont survécu à la vague de froid fatale de l’hiver 1956. En 2016, la première pressée d’huile d’olive a permis de mettre de la couleur dans les vinaigrettes !

Le diagnostic régie

Besoin en légumes

Occupation des terres PLU